«Labels communautaires | Accueil | Clip : le nouveau Snoop Dogg, « Sensual Seduction » »

Bilan 2007 en France : Le CD très malade, le single presque mort

Docteur_2En 2007, les ventes de CD albums ont chuté en valeur de 15,2%, les CD singles de 52,5% et les DVD musicaux de 16,8% par rapport à 2006. Au total, la baisse est de 17,1%. C'est la plus lourde chute jamais enregistrée par l'industrie musicale. Si l'on compare 2007 à 2002, la baisse est de près de 50%. On n'en est plus à se demander pourquoi les gens n'achètent plus de CD, mais plutôt pourquoi certains en achètent encore. Prenons au cas par cas : 

Le single : il ne représente déjà plus que 3% du chiffre d’affaires des ventes de produits physiques. Sa chute de moitié sonne sa fin. On peut supposer qu’en 2009 il n’y aura plus de singles dans les bacs.

L’album : il fait de la résistance. L’exemple de Radiohead qui est entré 1er au top album 2 mois après que le groupe ait offert la possibilité de le télécharger gratuitement prouve que l’attachement au support CD album est encore existant. Lorsque l’affect est grand pour un artiste l’achat de son album est encore une option privilégiée.

Le DVD : il suit la courbe du CD. Même analyse, les fans aiment bien acheter le DVD d’un spectacle qu’ils ont vu.

L’attachement : sur les 10 meilleures ventes de l’année 2007, 8 proviennent du répertoire francophone. Ce score est à mettre selon moi au chapitre « attachement ». On l’a vu plus haut, la notion d’attachement à un artiste est sans doute la dernière cause principale d’achat de CD. Il est donc logique de constater que les meilleures ventes concernent les productions locales, puisque les artistes francophones sont par essence plus « proches » du public Français que les artistes étrangers.

Cela peut-il durer ? Dans une certaine mesure, oui. Mais le CD doit aujourd’hui faire face à un nouvel ennemi : l’équipement. Depuis l’arrivée des premiers baladeurs mp3 (l’iPod en figure emblématique) tous les supports d’écoute se sont « mp3isés ». Si bien que de plus en plus de chaînes Hi-fi partent à la poubelle et sont remplacées par des terminaux mp3. D’ici quelques années, le lecteur CD (chaîne Hi-fi, baladeur CD ou auto radio) aura totalement disparu et les ventes de CD ne concerneront plus que les « aficionados » du CD, sans doute plus pour le son (de qualité nettement supérieure au mp3) que pour l’objet. À l’instar du vinyle. En somme le CD est en phase de transition : il bascule de produit de consommation de masse à produit spécialisé. Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, d’observer que la plus grosse chute concerne les grandes surfaces (Carrefour, Auchan…), par rapport aux enseignes culturelles (Fnac, Virgin…) qui résistent mieux.

Quid de l’avenir ?

Le nouveau produit de consommation courante s’appelle le fichier numérique (mp3 en grande majorité). Il l’est depuis longtemps mais commence seulement à être reconnu comme tel. Il se consomme de trois manières :

- Écouté en streaming (ex : Deezer)

- Acheté sur les sites légaux (ex : iTunes)

- Téléchargé sur les clients peer2peer (ex : eMule)

Force est de constater que le fichier, s’il est largement répandu dans les usages, ne rapporte encore que peu de revenus à l’industrie (un peu plus de 10% du CA mondial). La faute à ce triple usage. Le téléchargement payant est le plus structuré et aide aujourd’hui à compenser une petite partie des pertes. Le téléchargement gratuit ne rapporte rien d’autre que les sommes récupérées par les majors sous forme de procès. Le streaming est en tout début de construction et pourrait à terme devenir une source de revenu importante. Explication : Depuis de longues décennies, une grosse partie des revenus de l’industrie musicale provient des sommes prélevées par les organismes de gestion de droits (SACEM en France). Comment ? Principalement en taxant les médias sur leur chiffre d’affaires et non les consommateurs finaux. Autrement dit, les auteurs, compositeurs et éditeurs vivent depuis longtemps de la publicité (qui finance elle-même les médias).

Les sites de streaming cherchent à reproduire ce modèle ancestral et semblent prêts à rémunérer l’ensemble de la filière : les auteurs compositeurs et éditeurs via la SACEM mais aussi les artistes/producteurs, soit en direct, soit via le label qui les représente. En 2007 les deux premiers accords de ce type ont été signés par le site Deezer : d’un côté avec la SACEM et de l’autre avec SonyBMG. Il est donc probable que des accords de ce type se multiplient en 2008 et permettent de construire une nouvelle source de revenus pour les artistes.

L’heure est donc à la transition. Elle est très brutale pour les artistes et les producteurs. Les majors, structurés autour de la vente de CD ont perdu leur vache à lait. Les labels indépendants, structurés dans l’ensemble de la même manière, sont dans une situation d’autant plus délicate qu’ils n’ont pas les reins aussi solides. Les artistes, dépendant de leurs contrats, sont impuissants et voient leurs royalties fondre comme neige au soleil. La transition du marché créé non seulement une restructuration des revenus de la filière, mais aussi une restructuration de la filière elle-même. Ceux qui survivront seront ceux capables de se « serrer la ceinture ». Et les artistes semblent aujourd’hui davantage enclins à le faire que leurs producteurs.

à lire aussi :

vers la fin des DRM aussi sur le mobile?

les tops 50 semaine par semaine

Yahoo Music Unlimited va fermer

Grammy Awards 2008 : le palmarès

Musique Numérique : 3 Md$ et 15% du marché

Polnareff, chanteur le mieux payé en 2007

 


TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341cd6f453ef00e54fe14b428833

Listed below are links to weblogs that reference Bilan 2007 en France : Le CD très malade, le single presque mort:

Commentaires

damospace

18 fév 2008 19:03:28

Je fais partie de ceux qui achètent encore des CD... mais cela devient de plus en plus difficile compte tenu des surfaces de vente réduites... et sur Internet, on a les frais de port à payer. En plus, c'est certain qu'il peut parfois devenir lassant de devoir transformer ses propres CDs en mp3 alors que les titres téléchargés sont "prêts" à être transféré sur un lecteur mp3 ou mp4...


kaiser_16

27 fév 2008 18:22:58

Moi je fais partie de ceux qui téléchargent gratuitement (sauf qlq exceptions). Pourquoi ? Tout simplement parce que, à choisir, je préfère dépenser entre 20 et 50 €/mois pour aller voir les groupes que j'aime, en concert que de dépenser entre 10 et 15 € pour leur CD. Et ça, certains artistes l'ont bien compris.


Poster un commentaire